Méditation entre Terre et Ciel

Entrez dans le corps par la voie fine. Tenez-vous débout.

Les pieds écartés de la largeur des épaules, parallèles depuis les bords externes. Les genoux sont relâchés. Le ventre est rentré un peu, la poitrine est relâchée, le menton est rentré un peu. Le sommet du crâne touche le ciel.

Détendez le visage, toutes les tensions autour des yeux, des oreilles, du nez, de la gorge disparaissent.

Détendez les épaules, les bras, les avant-bras, les mains jusqu’au bout des doigts.

Détendez la poitrine, les omoplates à l’arrière, détendez la cage thoracique, le diaphragme, détendez le ventre et le bas ventre.

Détendez les hanches, les cuisses, les genoux, les chevilles, les pieds jusqu’au bout des orteils.

Détendez la colonne vertébrale jusqu’à la pointe du coccyx.

Laissez le poids descendre dans la Terre.

L'Homme à l'image de l'Arbre.

Suspendez le périnée, entre les organes génitaux et l’anus, gardez l’énergie de la Terre à l’intérieur du corps.

Poussez le bas du dos vers l’arrière, entre L2 et L3, la Porte de la Vie, Mingmen.

Etirez l’espace entre les deux omoplates. Glissez une boule sous chaque aisselle, permettez à l’énergie du cœur de descendre jusqu’au bout des doigts.

Placez la pointe de la langue au palais. Le sommet du crâne touche le Ciel.

Laissez de nouveau le poids du corps descendre vers la Terre. Respirez par le nez.

Les yeux sont mi-clos, ramenez l’observation, l’écoute à l’intérieur.

Ajustez la posture, observez et respirez.

Depuis le centre de la tête, observez le Ciel depuis votre espace infini. Visualisez un Ciel bleu très pur tout autour de vous : devant, à gauche, derrière, à droite, sous la Terre et dans le Ciel. Dans toutes les directions de l’espace.

Vous êtes entouré de Ciel bleu très pur, le Qi du fond du Ciel disponible en abondance tout autour de vous. Observez.

L’observation intérieure ou la conscience est à l’image de ce Ciel : vaste et infini, pur, tranquille.

Le centre de la tête ou palais Shenti, au milieu de la tête est le centre de la conscience.

Dilatez cette conscience, déplacez l’observation dans la poitrine, respirez, observez le fond du Ciel bleu rempli d’énergie pure.

Dilatez encore cette conscience dans le bas ventre, dans les jambes, dans les bras. Observez l’énergie dans votre corps.

Observez maintenant la Terre depuis votre conscience à l’intérieur de vous, observez le champ infini de l’univers dans toutes les directions.

Vous êtes relié à toutes les directions de l’espace. Respirez, savourez cette reliance, ce lien précieux, ce lien d’énergie qui vous relie à l’espace et à la Terre.

Quand vous en aurez envie, relâchez peu à peu, bougez, puis ouvrez les yeux…

Fabienne Pujalte pratique le Qi-gong depuis 15 ans, elle s’est formée auprès de Phuc N’Guyen Van et auprès des maîtres chinois du Zhi Neng qi-gong. Elle anime des cours et des ateliers à Nice et à Vence.

Ma traversée de la nuit noire de l’âme

Tous les murs du monde les uns sur les autres ne ressembleront jamais à la nuit noire de l’âme. C’est un abysse au creux du corps, il te saisit au lever du lit un matin comme un coup de marteau qui te frappe la tête sans s’arrêter et tu t’enfonces…

Innocemment, tu sais que tu viens d’avoir le cancer à 24 ans, on vient de t’enlever  ton cuir chevelu comme un scalpe dans la nuit, un vol indécent auquel tu n’as rien pu dire. Les cheveux, la peau partis dans la poussière de ta jeunesse ! Terminés le coeur léger, le corps fébrile sur les musiques lancinantes de l’été dans les cieux azuréens, terminés !

 Qui es-tu alors avec ce « trou » dans la tête ? Où est-elle allée ta chevelure de femme ?  Qui suis-je à présent si je n’ai plus de cheveux là à l’arrière de ma nuque ? Qui voudra de moi ? Maintenant.

La vie est pleine de ressource, l’amour de la vie m’a pris par la main, la force au ventre pour traverser cette nuit obscure ! Pas de chimio, ouf ! 7 opérations de reconstruction, ah super on va arranger ça ! En plein cœur de la nuit, tout s’arrange n’est-ce pas ? Les mauvais rêves passent ou bien l’on se réveille ?

Avec ces acouphènes dans les oreilles et ces angoisses maintenant en plein cœur de la poitrine, je ne touche plus le sol, j’ai perdu le contact avec la réalité. Mon cœur saigne en silence, je vis, je marche, je travaille (encore), mais dedans j’hurle au désespoir. Qui peut me comprendre ?

Les psys, les thérapeutes… des mains tendues qui m’aident et que je lâche lorsque je ne peux plus me voir dans leurs regards. Trop de peine en mon âme, le vide obscur, la mort dense et noire, une matière-âme lourde, à couper au couteau, mais tu ne peux rien faire contre elle.  Elle ne bouge pas, tu ne peux pas bouger, tu voudrais changer de fréquence mais tu n’y arrives pas ! T’es morte à l’intérieur comme coincée dans ce tas de douleurs vives. C’est le feu là, tu voudrais fuir mais toutes tes intentions ne répondent plus. Où aller ? Dans quelle direction ? Plus rien ne te ressemble, il n’y a que l’écho de ton souffle, au loin, le souvenir de la vie. Rien. Ca brûle tellement ça fait mal. C’est insupportable cette douleur calcinante dans la poitrine et dans la tête. Tu pleures envasée dans le non-sens de ta vie, qu’est-il arrivé, Fabienne, qu’as-tu fait ? Pourquoi ?

Toutes ces questions sans réponses, qui pourra t’aider ? Qui ? Les mains sur ta peau de jeune femme errent, elles ont perdu le chemin, tes larmes coulent ma belle, tu as inondé la terre de ta souffrance, tes cris ont rejoint les étoiles c’est sûr !

Jeune louve anéantie, tu es née dans la peine profonde de ton âme, tu as vu la vie à l’envers comme un souvenir mûr, à point, tu devais y goûter… C’était ton trésor, ton coffre-secret…

Tu n’avais plus rien ici bas pour t’aider alors tu as levé les yeux vers le Ciel et tu as prié. Tu as vu une petite lumière au fond dans le noir et tu l’as suivie comme une enfant perdue. Tu as fait confiance à cette minuscule flamme d’amour… galopante sur les dunes de tes rêves, le nom  au bord des lèvres !

J’ai été entendue, j’ai été aimée ! Les anges m’ont parlée tout en douceur à travers les peintures de la Kabbale, ils m’ont guidée, je les écoutais me croyant folle, je suivais leurs amours. Je suis devenue une guerrière avec une épée. Tous les jeunes de mon âge allaient « bosser », moi je pleurais sur le fauteuil, j’avançais avec mon épée dans la nuit noire en ne sachant pas du tout où j’allais.  Je perdais mon visage et le souvenir de qui j’étais.

C’est terrible la nuit solitaire, il n’y avait que les cris et les pleurs pour me faire toucher la vie, un tout petit peu. Car il n’y avait plus de vie, plus de goût à rien, plus rien n’a de goût et tu n’as plus le souvenir de la vie. Tu erres au monde, des angoisses de mort, tu meurs toutes les cinq secondes, cinq années à mourir toutes les cinq secondes, la peur au ventre de mourir dans cinq secondes : traverser la route ? Parler à quelqu’un ? Tout devient infernal, ça brûle dedans alors quand il y en a trop, que la soupape est sur le point d’exploser, tu montes le son et tu prends un coussin ! Pendant trois heures, tu te donnes, ça pulse là punaise, comme y’en a de l’énergie, de la vie, ça va durer cinq ans ces séances de cri-coussin-pleurs ! 

Des lacs t’en auras rempli ma belle, les yeux rouges pour aller travailler maintenant, où vas-tu ?  Hé, attends ma chérie, tu sais que tu es courageuse avec ton épée cachée dans ton dos, tu l’as fait, t’as réussi ma belle, tu l’as fait comme une vraie guerrière !  

J’ai survécu, je l’ai traversé cette nuit noire de l’âme, toute seule (sans médoc’). J’avais bien compris que c’était là mon chemin. Dans ce désespoir, j’étais fière de moi !  Ma tâche consistait à redevenir vivante ! Waouh quel beau projet ! Je découvrais tout au fur et à mesure, toute seule, j’aimais ça, j’aimais cheminer sur les trajectoires de mon mental, et sortir de ces zones d’ombre pour en pénétrer d’autres. Que de mondes, de sentiers, de collines, d’espoir d’être arrivée car jamais tu ne penses que ça va durer plus de dix ans, tu crois toujours que c’est bientôt fini mais non ça continue, ça repart ailleurs, de nouveau perdue, abandonnée, effrayée dans le noir.

Je suis née dans la peine profonde mon âme, j’y ai planté un arbre, l’arbre de la vie, et je l’ai arrosé de mes larmes chaudes d’amour pour ce que j’étais. C’était ça mes larmes : je pleurais d’amour de moi, de l’existence, de la vie qui coulait en moi, à travers moi, cette compréhension intime du vivant, je la pleurais, intensément, je la criais comme une découverte frappante, bouleversante, cet éveil à la vie ! A l’amour !  A la grâce !

Cette expérience de vie m’a permis de développer Persévérance, Détermination, Réceptivité (clairvoyance – clairaudience – don de guérison), Amour de soi…